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VIH/ Sida : Des chiffres inquiétants chez les prostitués mardi 16 février 2010, par Sandrine EBA

L’infection à VIH parmi les professionnel(le)s du sexe et de leurs clients joue depuis longtemps un rôle important dans la transmission du VIH dans la région. A l’échelle de l’Afrique subsaharienne tout entière, la prévalence médiane du VIH chez les professionnel(le)s du sexe est de 19%, avec une prévalence signalée au sein de cette population allant de zéro aux Comores et en Sierra Leone à 49,4% en Guinée-Bissau (Organisation mondiale de la Santé, Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, ONUSIDA).

Sept pays africains (Bénin, Burundi, Cameroun, Ghana, Guinée- Bissau, Mali et Nigéria) indiquent que plus de 30% du total de leurs professionnel(le)s du sexe vivent avec le VIH (Organisation mondiale de la Santé, Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, ONUSIDA, 2009). Au Ghana, la prévalence du VIH chez les professionnelles du sexe à Accra et Kumasi est de 8 à 20 fois supérieure à celle relevée dans la population générale (Bosu et al., 2009). En 2006, au Bénin, plus de 25,5% des professionnel(le)s du sexe couvert(e)s par les études étaient positifs(ves) au VIH (Ministère de la Santé du Bénin, 2008). Plus d’un quart (26%) de l’ensemble des professionnel(le)s du sexe au Lesotho sont signalé(e)s comme ayant eu une infection sexuellement transmissible symptomatique au cours de l’année précédente (Khobotlo et al.).

Les professionnel(le)s du sexe constituent non seulement une population prioritaire des programmes de prévention du VIH, mais leurs clients sont depuis longtemps également reconnus comme une possible passerelle épidémiologique vers d’autres populations. En extrapolant à partir des données disponibles, des chercheurs ont conclu que, en 2008, entre 13% et 29% des hommes d’Afrique de l’Ouest pourraient avoir eu recours aux services de professionnel(le)s du sexe au cours de l’année précédente (Lowndes et al..

Alors que les épidémies en Afrique subsaharienne sont dans leur phase de maturité, la part des nouvelles infections imputable au commerce du sexe pourrait avoir reculé (Lecler et Garenne, 2008). Au Lesotho – pays hyperendémique où la proportion estimée des professionnel(le)s du sexe est faible – la modélisation des modes of transmission suggère que le commerce du sexe serait à l’origine d’approximativement 3% des nouvelles infections à VIH en 2008 (Khobotlo et al.).

Cela étant, le commerce du sexe continue de jouer un rôle majeur dans de nombreuses épidémies nationales. Au Ghana, on estime que les professionnel(le)s du sexe, leurs clients et les partenaires sexuels de ces clients ont représenté respectivement 2,4%, 6,5% et 23% de toutes les nouvelles infections à VIH en 2008 (Bosu et al., 2009). En 2006, une étude sur les modes of transmission menée au Kenya indiquait que les professionnel(le)s du sexe et leurs clients comptaient pour une part estimée de 14,1% des infections incidentes au VIH (Gelmon et al., 2009). Les professionnel(le)s du sexe, leurs clients et les partenaires sexuels de ces clients représentaient 10% des infections incidentes en Ouganda en 2008 (Wabwire-Mangen et al., 2009). Une étude sur les modes de transmission menée au Rwanda conclut que les professionnel(le)s du sexe entrent pour une part allant de 9% à 46% dans les nouvelles infections survenues en 2008, leurs clients représentant une part supplémentaire de 9% à 11% des infections incidentes (Asiimwe, Koleros, Chapman).

Au Kenya, le taux d’acquisition du VIH par acte sexuel chez les professionnelles du sexe a été divisé par quatre entre 1985 et 2005 – la chute des risques d’infection à VIH étant antérieure à celle de la prévalence du VIH qui a été signalée ces dernières années pour la population kenyane dans son ensemble (Kimani et al., 2008). Dans la mesure où la forte réduction des risques d’infection à VIH cadre avec une baisse de la prévalence de la gonorrhée, les chercheurs envisagent que ce recul du risque d’acquisition du VIH pourrait découler d’une prévention accrue des infections sexuellement transmissibles, même s’il est à noter que l’usage du préservatif a par ailleurs considérablement augmenté au cours de cette période (Kimani et al., 2008). Le statut social très bas des professionnel(le)s du sexe entrave les efforts visant à apporter des services de prévention du VIH à cette population. Il ressort d’études menées au Lesotho que le commerce du sexe est considéré comme une activité moralement répréhensible, à telle enseigne que la politique nationale de lutte contre le sida souligne que la stigmatisation associée au commerce du sexe dissuade les professionnel(le)s du sexe de recourir au dépistage du VIH et autres services sanitaires (Khobotlo et al.).

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P.-S.

Source : ONUSIDA




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